● théâtre des mamans
Dans la catégorie moins visible des choses dans lesquelles le BRASS est impliqué, il y a l’atelier theâtre du vendredi, créé par des mamans à l’école Saint-Antoine (à 2 pas du BRASS).
Loubna Bourras, l’une des femmes, est à l’origine du projet. Elle a fait du théâtre il y a quelques années et voulait partager ce plaisir avec d’autres mamans. Bernadette, Cerise, Laetitia, Maryam, Nadia, Rawan se sont jointes à son initiative enthousiaste. Elles sont une petite dizaine à se retrouver chaque vendredi matin, entre femmes exclusivement, dans le réfectoire de l’école, après avoir laissé leur enfants à leur journée studieuse.
Pour commencer, elles préparent un généreux petit déjeuner, s’installent sur des mini-chaises autour de la mini-table en discutant de la vie et du programme du jour (impros, répétitions de telle ou telle scène travaillée la semaine passée…) Elles sont accompagnées par Elena Perez, une comédienne également voisine du quartier (sa compagnie, avec Lise Wittamer qui a animé l’atelier les années précédentes, s’appelle Schieve Compagnie). Déborah (chargée de projets au BRASS) fait partie de cette fine équipe, elle prépare aussi son rôle.
Ensemble, elles ont choisi, cette année, de travailler sur le thème du handicap. Parce que plusieurs d’entre elles vivent des situations où leurs proches sont victimes des discriminations. Elles voudraient dénoncer ces injustices, et faire changer de regard des gens soi-disant «normaux», pour un regard plus inclusif, plus doux. Et plus largement, leur spectacle parle du droit à la différence.
La plupart d’entre elles n’ont jamais fait de théâtre (Rawan est arrivée de Gaza il y a 3 ans et ne parlait pas un mot de français). Mais quand on a des choses à dire, expérience ou pas, pratique artistique ou pas, ça sort ! Ça dépote ! Ça explose !
En juin, à l’issue de plusieurs mois de création, elles ont joué 4 représentations de leur pièce devant les classes de l’école (y compris leurs propres enfants). Le degré d’attention des élèves dit beaucoup de l’intensité de leur écriture et de leur jeu. Elles ont reçu des retours tellement bouleversés des spectateur·ices (enfants, mais aussi quelques adultes présents au BRASS ce jour-là) qu’elle envisagent de poursuivre l’aventure des représentations publiques. À suivre, donc !