S'inscrire à notre newsletter

* champs requis
Intérêts
Laisse la bête sortir

▴ Autour d’une chanson de Boris Gronemberger

[2019] River Into Lake est le nouveau projet de Boris Gronemberger. Originaire de Bouillon, ce multi-instrumentiste évolue depuis vingt ans dans le microcosme pop-rock bruxellois.
De ses débuts avec The Grandpiano, à sa collaboration avec Françoiz Breut, Girls in Hawai ou encore Castus, impossible de citer tous les autres projets avec lesquels il a collaboré.
Sept ans après le dernier album de V.O., la société continue ses mutations et la vie de Boris a quelque peu changé. Il nous en parle à travers les paroles d’un des titres de l’album: Far from knowing.

« Au tout début de ma carrière il n’y avait pas Internet, c’était donc évidemment très différent d’aujourd’hui ! Mais même depuis l’album précédent, ‘On Rapids’, beaucoup de choses ont changé en terme de rapidité, de communication. Il y a aussi beaucoup plus d’activités, de projets musicaux, ça devient de plus en plus compliqué pour se faire entendre.

Malgré ça je persiste à m’écouter et à faire un disque qui me ressemble, sans essayer spécialement d’être dans l’air du temps. Actuellement ce sont surtout des artistes solo qui font de l’électro ou du hip-hop. Le rock indé est presque redevenu underground !

Comme c’était très compliqué de retrouver V.O. via les moteurs de recherche, j’ai choisi de changer radicalement de nom, et si l’équipe est presque la même, musicalement c’est assez différent.

River Into Lake, c’est aussi en lien avec le cycle de l’eau. C’est une image qui me parle beaucoup, son aspect perpétuel, qui fait circuler la vie. Une rivière qui nourrit un lac, c’est aussi une manière de montrer que toute chose est alimentée d’éléments plus petits. La vie est née de micro-cellules, et je trouve ça beau! C’est un concept très universel.

La pochette de l’album est une illustration de David Delruelle, un graphiste bruxellois qui travaille surtout à partir du collage et que j’ai découvert par hasard via mon fil d’actualité Facebook. Ça fait un petit temps que j’avais envie de bosser avec lui. Cette image m’a vraiment marqué, elle m’a accompagné pendant tout le processus de création de l’album et lui a donné son titre. Il y a quelque chose de très onirique dans sa manière d’associer les images, c’est assez génial !
J’aurais même envie que ça soit un membre du groupe, qui nous accompagnerait à long terme pour créer une identité visuelle propre au projet.
C’est pour ça que je tenais à ce que son travail soit présenté au public à l’occasion de la release party.

I was too far from knowing
the strength of a tree waving in the wind.
You were so close from feeling
the weight of the light touching your body.
I was amazed by thinking i couldn’t probably take it all.
You make me grow as i watch you taking your time to figure it all.

 

[J’étais trop loin de connaître la force d’un arbre ondulant dans le vent.
Tu étais si proche de sentir le poids de la lumière touchant ton corps.
J’étais étonné de penser que je ne pourrais probablement pas tout prendre.
Tu me fais grandir quand je te regarde prendre ton temps pour tout comprendre.]

 

C’est un tableau impressionniste qui exprime mon ressenti par rapport à la naissance de mon fils. C’est quelque chose qui peut bousculer très très fort. Ça m’a fortement ramené les pieds sur terre, comme si je prenais conscience de ce que c’était que la vie. Je trouve dommage qu’on ne soit pas plus préparé à cela.

Dans ce morceau comme dans l’album en général, il y a aussi un rapport aux éléments naturels, car j’ai passé toute une partie de ma jeunesse dans les bois. Après plus de vingt ans à Bruxelles, j’ai encore beaucoup de mal avec la ville.
Les parcs, je trouve ça agréable mais ça n’a rien à voir avec la nature sauvage! J’ai passé plein de temps couché par terre à regarder les arbres bouger, à écouter, sentir. C’est quelque chose qui me manque et que j’ai envie de retrouver dans ma vie et de partager avec mon enfant.
C’est un besoin de reconnexion, qui je pense est un sentiment partagé. Il y a de plus en plus de choses qui deviennent virtuelles. En ville je trouve ça compliqué de se déconnecter, il y a toujours une rumeur ambiante, la civilisation qui nous rappelle sa présence. »

 

‘Let the Beast Out’ sort le 20/09 sur le label bruxellois Humpty Dumpty et sera présenté au BRASS la veille, en compagnie de Raoul Vignal (solo – FR) et de l’artiste David Delruelle.