100 ans !

▴ Rencontre avec Catherine Lambrecht

[2019] Un siècle et quelques déménagements après sa naissance, l’Académie de Forest compte pas moins de 900 élèves (de 5 à 85 ans) qui y apprennent la musique, la danse et les arts de la parole. Pour fêter son anniversaire, l’Académie déballe le grand jeu à l’abbaye de Forest… Une fête foisonnante en perspective, qui donnera au public un avant-goût du pôle culturel ABŸ : une fois le gigantesque projet de rénovation de l’abbaye mené à bien en 2023, l’Académie prendra ses quartiers sur ce site, aux côtés de la bibliothèque francophone, de la maison des jeunes, du service jeunesse et du centre culturel de Forest. Gros plan sur l’ACA-Forest, en compagnie de sa directrice passionnée, Catherine Lambrecht.

Peux-tu nous raconter à quoi ressemblera cette fête de 100 ans ?

On a eu envie de fêter cet anniversaire en présentant aux habitants un panel assez complet des cours qui existent chez nous. On pourra écouter/voir des prestations de l’orchestre, de la chorale, des classes de théâtre, de danse. Et des choses beaucoup plus intimistes : du conte, de la musique de chambre… Pas mal de projets autour du piano, qui est l’instrument le plus demandé par les élèves. Il y aura aussi, grâce à la collaboration notamment de la Biblif, des ateliers de fabrication de mini-instruments à partir de matériaux de récup. Nos jazzmen nous accompagneront en soirée pour terminer autour d’une bonne bière.

 

On peut s’attendre à une préfiguration de ce que sera le pôle culturel ABŸ ?

Oui ! Depuis des années déjà, nous travaillons avec les autres futurs occupants d’ABŸ, et avec la commune et les architectes sur ce projet de pôle culturel ; nous y réfléchissons et l’enrichissons ensemble. Mais nous n’attendons pas d’avoir l’auditorium et la grande salle de spectacle en 2023 pour organiser ensemble des événements consistants et festifs !

 

Quelle serait la spécificité de l’Académie de Forest par rapport à une autre académie ?

On aime beaucoup faire des projets transdisciplinaires, parce qu’il est essentiel qu’on soit raccord avec ce qui se passe dans le monde culturel. Les académies ont parfois, à tort, la réputation d’être vieillottes, poussiéreuses, parce qu’on y fait de la musique classique, baroque… mais on évolue aussi en parallèle des scènes contemporaines ! Sinon, on nous dit souvent que l’ambiance chez nous est familiale et chaleureuse. C’est vrai que chaque élève y est considéré comme un individu à part entière.

«Je pense que tout enseignant a cette double mission : transmettre des savoirs, et faire en sorte que ses élèves aillent bien, veiller sur eux. »

Est-ce que tu penses que l’enseignement est un talent, au même titre qu’un talent artistique ?

Je pense que c’est une vocation ! Stendhal disait : « La vocation, c’est d’avoir pour métier sa passion ». C’est une phrase qui n’a pas cessé de m’accompagner depuis que je suis jeune prof. Et je pense qu’en tant qu’enseignants, nous avons une très grande responsabilité, notamment envers les jeunes.

 

Pourquoi spécialement envers les jeunes ?

L’adolescence reste un moment particulier de la vie, de la formation de l’être humain. Étant donné qu’on enseigne des matières certes très techniques, mais liées aux émotions, on a un contact particulier avec nos élèves. On accompagne ces jeunes pendant des années, on les voit évoluer et on finit par les connaître par coeur. Je me souviens, quand j’étais prof, en voyant la manière dont un de mes élèves entrait dans la classe, je savais s’il allait bien ou pas. Je pense que tout enseignant a cette double mission : celle de transmettre des savoirs, de partager l’amour d’un art… et celle de croire en la personne, de faire en sorte qu’elle aille bien, de veiller sur elle. L’avenir, c’est eux !