Futur Pôle culturel

▲ ABŸ

[2021]

As-tu déjà entendu parler du projet de réhabilitation de l’Abbaye de Forest en pôle culturel ABŸ ? Dans quelques années, après une série d’importants travaux, l’Abbaye accueillera les activités du centre culturel de Forest (celles-ci se poursuivront en parallèle sur le site du BRASS), de la bibliothèque francophone (Biblif), de l’Académie de musique, de danse et des arts parlés de Forest, sans oublier la maison des jeunes et le service jeunesse de la Commune. Une équipe planche sur le projet depuis 6 ans, entre des brainstormings avec les opérateurs culturels (futurs occupants du lieu) pour identifier les besoins, une réflexion autour des aspects patrimoniaux du site, la consultation des habitant.e.s pour mettre le doigt sur les attentes et les craintes, et, bien sûr, le travail avec un bureau d’architecture en vue de produire des plans qui jonglent avec toutes ces contraintes. Frédéric Fournes, qui a pris part aux discussions depuis le début du projet, fait le point pour nous, depuis sa perspective de directeur du BRASS.

Comment est née l’idée du Pôle Culturel ABŸ ?

Début 2014, Charles Spapens (l’échevin de la culture à Forest) a identifié les besoins des lieux culturels liés à la commune, les manques en termes d’infrastructures. Pour ce qui concerne le centre culturel de Forest, on a toujours eu des espaces à l’Abbaye de Forest, mais les lieux n’étaient pas aux normes pour accueillir du public. Au-delà du centre culturel, on parle aussi de la bibliothèque et de l’Académie. Très rapidement, nous nous sommes tou.te.s mis.e.s autour de la table pour discuter d’un lieu culturel qui nous réunirait. C’est ainsi que le projet de pôle culturel à l’Abbaye de Forest est né. En 2015-2016, une équipe a été engagée pour mettre sur pied le projet. Très vite, nous sommes allé.e.s ensemble visiter des lieux culturels qui pouvaient nous servir d’inspiration ; et nous nous sommes rassemblés régulièrement avec les autres futurs occupants de l’Abbaye pour définir un programme architectural : Quels sont nos besoins ? Comment certains espaces peuvent-ils entrer en synergie ?…

 

C’est de cette manière que le projet d’une salle de spectacle a émergé ?

Oui, c’est un manque criant à Forest. Au BRASS, nous n’avons pas une vraie salle de spectacle : l’espace sur la scène est très étroit et limite l’accueil d’énormément des projets musicaux, théâtraux et de cirque ; nous n’avons pas de gradins et un pilier trône au milieu de la salle. À l’Abbaye, il existe un auditorium plus grand, mais il n’est pas aux normes. De nos séances de travail sur le projet ABŸ a ainsi émergé l’idée d’une salle de spectacle qui ne répondrait pas seulement aux besoins du centre culturel et de l’académie. Cette salle pourra servir pour d’autres événements forestois : imaginons par exemple des spectacles pour les écoles, des concerts, des projets de danse (PARTS/Rosas)… Beaucoup de choses seront possibles dans cette salle modulable, car une fois le gradin rétracté, on a un beau volume qu’on peut exploiter pour tous types d’activités.

 

 

Quelles autres activités le centre culturel (qui continuera de vivre aussi sur le site BRASS, avenue Van Volxem) proposera-t-il à l’Abbaye ?

En dehors des spectacles, concerts et performances que nous programmerons dans la salle de spectacle, nous proposerons aussi de l’éveil artistique, sous forme d’ateliers, qui pourront se déployer sur toute une aile de l’Abbaye. Ces ateliers seront liés à des expositions (pour lesquelles un espace est dédié) qui interrogent des problématiques liées au territoire. Au-dessus des espaces d’exposition, des salles seront consacrées aux résidences d’artistes : Il y a énormément d’artistes à Forest qui sont en demande de lieux pour pouvoir travailler. Des salles seront mises à disposition sur des périodes plus ou moins longues afin qu’iels puissent créer des œuvres connectées avec les réalités locales, en lien avec les habitant.e.s.

 

En plus de ce que tu viens d’expliquer, tout un pan de l’Abbaye consistera en des espaces «appropriables». Peux-tu nous expliquer ?

C’est la partie la plus ouverte du projet ABŸ, et c’est très important pour nous ! Ce seront des salles vides, mises à disposition des habitant.e.s sur des créneaux réguliers à prix symbolique : ça peut être des voisin.e.s qui ont envie de chanter ensemble, des personnes qui veulent échanger autour de la botanique, un groupe de jeunes qui souhaite mener un projet musical ou un atelier d’écriture… En plus de ces espaces fermés, il y aura une grande halle couverte dans le parc, où on peut faire du sport, danser… Pour ça, nous nous sommes beaucoup inspiré.e.s du 104, un lieu culturel dans le nord de Paris, où les habitant.e.s se sont vraiment emparé du lieu.

 

Les lieux «appropriables», c’est en lien avec la notion de «tiers-lieu»…

Oui, c’est une notion que nous discutons beaucoup en équipe. Le «tiers-lieu», ou «troisième lieu», c’est un endroit qui n’est ni la maison, ni le travail, ni l’école. Un lieu où on se sent chez soi, où on se sent bienvenu.e, où on a envie d’être avec des ami.e.s. Il y a au coeur du projet ABŸ l’idée d’un ouverture sur les propositions des habitant.e.s, d’une générosité dans les pratiques et les usages ; le contraire d’un lieu qu’on observerait en disant « ce n’est pas pour moi».

 

Quel(s) avantage(s) y a-t-il à ce que le centre culturel, la bibliothèque, l’Aca, le service jeunesse et la maison des jeunes soient réuni.e.s dans un même lieu ?

Nous collaborons déjà avec ces structures ; mais ce qui est excitant, c’est la perspective de créer encore plus de synergies ! Nous mettrons en commun nos pratiques et nos compétences, cette cohabitation rendra certainement ce lieu hyper dynamique et nous permettra de brasser des publics dans leur plus grande diversité. L’aspect « pratiques spontanées » / « espaces appropriables » qui vient s’ajouter aux propositions que nous faisons aujourd’hui est un axe fort qui, à mon avis, est un grand atout de ce futur pôle culturel.

 

 

 

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